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Burn out : comment gérer la pression et retrouver goût au travail ?

L'Express consacrait il y a peu sa une de couverture au burn-out. Les principales victimes de ce mal seraient les dirigeants des petites entreprises. Des statistiques alarmantes ont été communiquées par l’Observatoire de la Santé des Dirigeants de PME : chaque jour un à deux patrons se suiciderait pour des raisons professionnelles. La solitude du chef d’entreprise éclate au grand jour, moins glorieuse que l’image du fringuant patron en costard. Nous avons interrogé Sylvaine Pascual, Consultante spécialiste du plaisir au travail, dont la dénomination laisse entrevoir une première solution. Comment en finir avec les dictats de la « to do list » et surtout intégrer « écoute de soi » au sein de notre organisation au travail (et dans notre vie en général) ?

 

Qu’est-ce que le burn-out ?

On est en burn-out lorsque tout ce qui est de l’ordre de l’émotionnel et qui n’a pas été traité force le corps à dire stop. Cela peut se traduire par des pleurs, l’impossibilité de se lever le matin. On n’est plus capable de rien, dans un état proche de la prostration, on peut ressentir aussi une extrême fatigue.

 

Qu’est ce qui le provoque ?

Le burn-out est généré par l’accumulation de situations qui déclenchent du stress. Ce que j’appelais tout à l’heure, les émotions non traitées. On est frustré, déçu, ou en colère au travail. On passe outre ces émotions, on les « recouvre d’un mouchoir », au lieu de les traiter. Au bout d’un moment le cerveau ne peut plus gérer tout ça.

 

Y a t-il des signes avant coureurs ?

On pourrait dire : les signes de fatigue, le découragement ou bien encore l’angoisse mais ces indicateurs ne conviennent pas. Quand les signes avant coureurs apparaissent, il est presque déjà trop tard.  Il est important de traiter les messages au fur et à mesure que les émotions nous les envoient.                                          

 

Avez-vous beaucoup de dirigeants d’entreprise qui vous contactent ?

Malheureusement de par leur solitude les dirigeants d’entreprise sont trop peu à l’écoute. Ces derniers temps, ce sont les salariés qui ont fait l’objet d’attentions particulières vis à vis du burn-out. Cette prise de conscience n’est pas assez répandue chez les dirigeants d’entreprise. Ces derniers, lorsque leur entreprise ne va pas bien ou que leurs objectifs ne sont pas atteints, travaillent encore plus pour pallier à cet état de fait. Ils ont le sentiment qu’ils ne peuvent pas investir pour se faire aider et le surplus de travail en état de stress génère une spirale négative.

 

Ceux qui viennent vers vous, comment expriment t-ils leur demande ? Se sentent-ils en détresse ?

Voilà ce que je peux entendre :

« J’en ai marre de travailler tellement, pour si peu de résultats. »

On travaille alors sur la confiance en soi mais aussi sur les sources de motivation. On essaie de gagner en efficacité et on établit une réorganisation pour travailler moins.

 Il y a un autre type de demande qui semble exprimer une nouvelle tendance.  

« J’en ai marre de travailler autant. »

Il y a une prise de conscience, un désir de conciliation entre vie privée et vie professionnelle. C’est travailler moins en acceptant des revenus moindres pour un gain de sens et de plaisir, au travail comme dans la sphère privée. Nous assistons là à une redéfinition de la réussite professionnelle.

 

Au sujet des chefs d’entreprise qui veulent travailler moins, pourquoi ont-ils besoin de venir vous consulter ?

Car ils ont du mal à imaginer que c’est possible. Ils ont besoin de s’autoriser à redéfinir cette idée de réussite sans le poids du regard de l’autre. La reconnaissance passe bien souvent par ce que l’on gagne. Dans ce cas, il faut renégocier l’idée de réussite.

 

Comment dans les faits aidez-vous les chefs d’entreprise ?

Cela dépend de la nature de leur demande.

Si ce sont des chefs d’entreprise qui doutent, que l’activité ne décolle pas, on travaille sur le leadership de soi. C’est à dire, cette capacité à organiser les voix intérieures discordantes. On remet de la cohérence dans les valeurs, les aspirations et les émotions.

On s’occupe du développement personnel dans un premier temps pour avoir un impact sur l’entreprise dans un second temps.

Dans le cas de chefs d’entreprise qui doutent ou qui se sentent découragés, il est important de faire ressortir des mécanismes de réussite qui s’appuient sur les talents naturels et de voir comment les utiliser. On apprend à capitaliser sur ses ressources naturelles et personnelles. Il faut accepter l’idée que l’on a des limites de compétences et que cela n’est pas grave. On peut investir intelligemment et déléguer.

Pour la demande qui consiste à travailler moins, les choses sont beaucoup plus pragmatiques. On commence par explorer les besoins financiers réels et à partir de là, on a des pistes pour impacter sur le temps de travail. On travaille aussi sur l’idée de gagner moins.

 

Existe t-il une façon de s’organiser lorsqu’on est chef d’entreprise pour éviter le surmenage ?  

Il n’y a pas de meilleure organisation que celle qui est bonne pour soi ! Le seul socle commun serait : avoir une solide connaissance de soi pour bien s’organiser.

Il faut régulièrement prendre rendez-vous avec soi-même et faire le point. On peut évaluer son organisation de 1 à 10 par exemple.

De 8 à 10 : l’organisation est bonne pour soi.

De 5 à 8 : il faut réajuster.

De 1 à 4 : on renégocie son mode d’organisation.

Il faut expérimenter et faire le point. Tous les mois pour ceux qui viennent de monter leur entreprise. Tous les trois mois par la suite semble un bon compromis, histoire de ne pas avoir la tête dans le guidon et d’avoir assez de recul pour s’évaluer.

Il faut écouter ses sentiments. Par exemple, si j’ai un sentiment d’insatisfaction se demander à cause de quoi est né ce sentiment. À cause de son organisation ? De ses clients ? Des finances ?

La technique du « pourquoi » aide beaucoup à réajuster le coup. Avec cinq « pourquoi » on peut cerner un problème et trouver le moyen d’y remédier. Avec cette technique on tombe sur des éléments très précis sur lesquels on peut agir, ou au contraire lâcher prise s’il se trouve que la problématique est en dehors de son champ d’intervention.

 

Je n’aurai donc pas ma liste de « ce qu’il ne faut absolument pas faire au travail » ! Certaines publications recommandent par exemple de ne regarder ses mails que deux fois par jour ?

Le problème de ces publications réside dans le fait de faire d’une expérience personnelle un précepte commun. Oui, il y a des techniques concrètes pour mieux travailler mais elles ne vont pas pour tout le monde ! La « to do list » qui est une ancre pour certaines personnes peut être source d’angoisse pour d’autres.

L’essentiel est de tester ces méthodes et de voir comment on se sent avec. Pour les mails, c’est la même chose. Je fais partie de ces gens qui les consultent deux à trois fois par jour alors que d’autres ont la fenêtre ouverte toute la journée devant les yeux et se sentent mieux comme ça.

Il faut expérimenter et faire attention aux injonctions qui font que beaucoup d’entrepreneurs se sentent coupables. Il est important, pour trouver ce qui nous va, de s’accorder du temps à soi en fonction de ce qui nous permet d’aller à la rencontre de nous-mêmes : foot, méditation ou marche, peu importe ! Le tout en mode déconnecté. Ceci vaut pour tout le monde : avoir des moments durant lesquels nous ne sommes pas sollicitables. Cette tendance à la rentabilisation du temps est très néfaste. La recherche a démontré que lorsqu’on « rêvassait » le cerveau était à même de résoudre les problèmes les plus complexes !

 

Mais si vous voulez une liste de ce qu’il ne faut pas faire c’est facile :

  • -       ne pas s’écouter,
  • -       s’organiser en fonction des « il faut » et des « on doit »,
  • -       ne pas faire de pause,
  • -       ne pas dégager de temps pour soi.

                                                                                                     

 

 

L'EXPERT

Sylvaine Pascual est spécialiste du plaisir au travail.

Elle travaille avec des salariés ou des entrepreneurs qui veulent redonner du sens et du plaisir à leur vie professionnelle, soit par une réorientation, soit par des ajustements méthodologiques, organisationnels, relationnels, émotionnels etc. dans leur métier actuel.

 

 

En savoir plus : 

 

Visitez le site de Sylvaine Pascual : www.ithaquecoaching.com

Découvrez cet article qui prône la nécessité de prendre plus de temps pour soi : "Pourquoi faut-il avoir des plages de temps libres ?"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecrit par mathilde le mercredi 01 Avr 2015

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"J'ai 34 ans et,  je dirige un cabinet de conseil destiné aux entrepreneurs et aux dirigeants de PME : RBMG Consulting."     Lire la suite…

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