Actualités, conseils et témoignages pour entrepreneurs

L'expert décode

Le point sur des thématiques spécifiques, des clefs pour mieux comprendre le monde qui entoure votre entreprise.

Business Intelligence et Cloud Computing : pourquoi ? Pour qui ?

Business Intelligence et Cloud Computing. Deux notions qui peuvent paraître abstraites pour les dirigeants de PME mais qui se révèlent des outils indispensables pour la gestion et le développement d’une entreprise. David Evan, consultant informatique et spécialiste en BI et CC,  nous explique en quoi l’informatique décisionnelle et le cloud – nuage en français – peuvent faciliter le quotidien des dirigeants d’entreprise et leur faire gagner de l’argent. 

 

Qu’est-ce-que la Business Intelligence, appelée aussi informatique décisionnelle ?

Pour faire simple, la Business Intelligence (BI) est ce qui permet de valoriser des données car toutes les entreprises brassent des données. Certaines en ont pleinement conscience et d’autres pas. Le but de la BI est de croiser toutes ces données et de leur donner de la valeur. 

Quelles peuvent être ces données ?

Par exemple, cela peut être des données clients : historique d’achats, noms de clients, sondage effectués, sexe des clients, âges, etc. De manière plus générale, toutes les données qu’une entreprise génère de par son activité peuvent avoir de la valeur. La BI consiste à bien exploiter ces données pour en faire une valeur ajoutée. On pourra ainsi agir plus efficacement dans différents domaines : marketing, aide à la décision, amélioration des processus…

Est-ce que la BI est utile pour toutes les entreprises ?

Les TPE n’en ont pas réellement besoin mais peuvent s’en servir par des moyens dérivés : création de tableaux de bord, CRM (Customer Relationship Management), par exemple… Des outils que pourraient mettre en place des contrôleurs de gestion.

Prenons l’exemple d’un supermarché pour bien comprendre à quoi la BI peut servir. De manière générale, plus la taille de la structure est importante et plus la BI est indispensable. Lorsqu’ on va dans un supermarché, on possède bien souvent une carte de fidélité. Pour avoir cette carte, on a rempli au préalable un formulaire avec nos noms, prénoms, adresse, etc. Lorsque ma carte est scannée à chaque fin d’achat, une multitude de données sont générées : qui achète quoi ? Quand ? À quelle fréquence ?  On peut alors imaginer toute « l’utilité » que peut retirer le magasin de ces informations. Je ne dis pas que c’est ce qui est pratiqué mais il est tout à fait réalisable de créer un système de publicité automatique qui détecte que « Madame X » n’a pas acheté son jus de fruit cette semaine alors qu’elle le fait habituellement. Par un système totalement automatisé, elle pourrait recevoir une pub par e-mail ou par SMS, de jus de fruit. Dans ce cas, qui est fictif, la BI et donc le traitement des données clients du magasin, pourrait servir à booster les ventes.

On peut aussi l’utiliser dans le cas d’un gain de productivité. Je suis un constructeur automobile et j’ai des pannes sur ma chaîne de production. Soit je choisis de les traiter individuellement et je dépêche des techniciens et des opérateurs pour résoudre le problème à chaque fois qu’il apparaît. Soit je mets à disposition du chef d’entreprise des capteurs qui analysent les incidents et dressent des statistiques : quand à lieu la panne, sa fréquence, l’endroit de la chaîne… Ces statistiques vont permettre de croiser des données entre elles de faire des hypothèses, des déductions et trouver des solutions adaptées. Ici on a regroupé les incidents et on les a étudiés en croisant les données pour les résoudre plus rapidement au lieu de faire du cas par cas sans trouver de solution à long terme.

Et le Cloud Computing pourquoi est-il toujours accolé au terme de BI ?

Pour le grand public, on explique le Cloud Computing (CC) comme un espace de stockage de données en ligne. Mais en réalité ce n’est qu’un des aspects du CC. En fait, plutôt que de travailler avec des serveurs physiques on mutualise des sources pour en faire quelque chose de flexible et de malléable, ce qui permet de traiter de grandes quantités de données (les Big Data) et donc, de décupler le ROI.

Tout ça reste très abstrait. Si ce n’est plus dans des serveurs physiques, c’est où ?

Derrière chaque cloud ou chaque nuage existe en fait un parc de serveurs quelque part. Par exemple pour le cloud de Microsoft (Windows Azure), il y a ce que l’on appelle un Data system à Amsterdam. Pour faire simple, de très gros serveurs qui mutualisent des données dans des containers et qui les dupliquent à d’autres serveurs.

La représentation du nuage permet de rendre la notion de « cloud » accessible au grand public. Je me suis intéressé au CC à ses débuts. Pour la société dans laquelle je travaillais nous étions dans les 1000 premiers clients de Windows Azure et nous avons vu la construction du CC à sa base. Il y a quelque chose à ajouter sur le Cloud Computing. À l’époque il n’y avait pas de problème de sécurité. On pensait qu’il était impossible de « violer » le Cloud. Et c’est vrai, le Cloud Computing ne peut pas être victime d’une cyber attaque ! Toutefois aujourd’hui le problème est juridique. Tout est soumis à la législation américaine et notamment à ce que l’on appelle le « Patriot Act ». En gros le gouvernement peut avoir accès à toutes les données concernant n’importe qui. C’est donc en toute légalité que des informations confidentielles peuvent être exploitées. Pour ma part en tant que consultant, je ne recommande pas à mes clients de mettre toutes leurs données sur le Cloud. Il existe des Cloud hybrides : la moitié des infos sont sur le Cloud et les plus confidentielles sur le serveur des entreprises.

Si le Cloud peut mettre en danger la confidentialité de nos informations, pourquoi s’en servir ?

L’idée c’est qu’en mutualisant les ressources, concrètement en envoyant ses informations sur un énorme serveur à Amsterdam ou Dublin (pour le Cloud de Microsoft), on fait des économies ! Si on a un serveur pour son entreprise il faut aussi de la maintenance, des techniciens, de l’installation et du renouvellement de matériel. En passant sur le Cloud on peut réduire  de 80% ses dépenses ! Pour le Cloud de Microsoft, n’importe qui avec des bases en informatique, peut devenir administrateur réseau, c’est très facile d’utilisation. On paye simplement un abonnement et c’est très flexible. Par exemple, pour une entreprise qui en période de fêtes atteint des pics de vente, la puissance va s’adapter à ses besoins, s’ajuster à sa consommation réelle.

En quoi la Business intelligence et le Cloud computing sont-ils utiles pour des PME ?  Sont-ils compatibles ?

Pour faire simple, disons que le CC apporte de la flexibilité à la BI. Avec un prestataire informatique, on peut imaginer que l’entreprise n’a pas de coût autre que son abonnement.

Est-ce difficile et onéreux à mettre en place ?

Pour le passage d’un serveur physique à une solution de CC le chef d’entreprise a généralement besoin d’un prestataire pour évaluer les besoins de la structure. On demande l’avis d’un consultant spécialiste en BI et CC. Ce consultant évaluera aussi avec le chef d’entreprise les questions qui relèvent de la BI :

-       Quelles sont les données exploitables ?

-       Comment ?

-       Les moyens à mettre en place ?

-       Les moyens requis pour que le chef d’entreprise puisse utiliser ces données ?

Pour le coût, c’est vraiment au cas par cas. En tout les cas, même si il y a un investissement, la BI et le CC sont avant tout des outils qui permettent de faire gagner du temps, d’être plus compétitifs et donc de gagner de l’argent.

Est-ce pertinent pour toutes les structures ?

Chaque PME à un besoin qui peut s’en rapprocher de près ou de loin. Il faut se dire que ces outils sont là pour gérer tout ce qui gravite autour de son cœur de métier et le rendre plus facile.  Il faut se poser cette seule question : est-ce que je peux améliorer ma façon de fonctionner ? Bien souvent, la réponse est oui, que ce soit parce-qu’ on a du mal à faire son suivi client ou un problème récurrent sur une chaîne de montage de voiture. C’est à mon sens un outil indispensable et ce, car il permet aux entreprises d’anticiper.

 

 

 

L'ÉTUDE DE CAS :

UNE PME DE 14 SALARIÉS EN MENUISERIE, CHARPENTE ET COUVERTURE, AMÉLIORE SON ORGANISATION GRÂCE À LA BI ET AU CC.

L'entreprise que j’ai accompagnée avait de grosses lacunes en informatique et de gros problèmes d’organisations. Le chef d’entreprise faisait tout et les missions des trois secrétaires n’étaient pas du tout optimisées. Le serveur était très vieux, les données mal stockées sans hiérarchie, les devis et les factures mal gérées. On a d’abord commencé par un audit pour conclure qu’il fallait :

  •   - Sécuriser les données (Si les PC de l’entreprise lâchaient alors tous les devis, les factures et les différents fichiers étaient perdus.)
  •  - Travailler plus efficacement
  •  - Pouvoir suivre dans le temps le nombre de ventes effectuées.

Pour cette entreprise, nous avons fait en sorte que les données peu sensibles puissent être stockées dans le cloud (catalogues clients, catalogues fournisseurs, fichiers modèles…) de manière à ce que chaque salarié puissent y avoir accès simplement, sans avoir à s’inquiéter de qui a la dernière version du fichier.

Nous avons aussi déployé un système CRM dans le Cloud (Microsoft Dynamic’s CRM) afin que le chef d’entreprise, aux travers de ses fiches clients mises à jour pour l’occasion, puisse avoir un réel  suivi de son activité commerciale, de ses objectifs, de son taux de transformation des devis…

Des rapports en temps réel sont ainsi disponibles et permettent de mieux mesurer l’activité, et donc, d’améliorer la gestion. Des cartes géographiques hebdomadaires sont générées, permettant de visualiser les différents chantiers, et donc, d’améliorer la communication dans les zones où l’entreprise n’intervient pas.

Le chef d’entreprise a formé une secrétaire pour se charger de prendre les mesures de chantier. Il n’est plus obligé de préparer les devis lui-même à six heures du matin. 

Voici de façon concrète ce que peuvent amener Business Intelligence et Cloud Computing à une entreprise  même de taille modeste : une optimisation de l’organisation, et donc un meilleur rendement. 

 

 

L'EXPERT

David Evan est consultant informatique en business intelligence et cloud computing.

Il a vu l’émergence du cloud computing avec Microsoft Azure en travaillant comme directeur technique dans une société de développement d’application Cloud basée à Lille.

Il s’est depuis passionné pour cette technologie et accompagne les PME à résoudre leurs problématiques. Il propose des audits gratuits aux entreprises.

Vous pouvez le joindre au 06 18 42 06 67

Site internet : à venir

 

 

En savoir plus :

Parce-qu'il y a plusieurs façons d'expliquer les choses, visualiser aussi les explications du Dr CAC sur le Big Data

 

Ecrit par Mathilde le jeudi 01 Oct 2015

comments powered by Disqus

Le mot de l'auteur

"J'ai 34 ans et,  je dirige un cabinet de conseil destiné aux entrepreneurs et aux dirigeants de PME : RBMG Consulting."     Lire la suite…

RBMG l'agence conseil des PME

RBMG est un cabinet de conseil pour les PME et TPE dont la première agence a ouvert ses portes à Toulouse en 2007.    Lire la suite…

Voir RBMG

Nos archives

On vous recommande

Pour ne pas perdre de vue l'essentiel
http://www.voila-le-travail.fr

Pour le côté percutant
http://www.salauddepatron.fr

Pour la beauté de ses études
http://lemondedesetudes.fr

Pour la touche artistique
http://ugobagnarosa.fr