Actualités, conseils et témoignages pour entrepreneurs

L'interview du chef d'entreprise

Retour d’expérience et conseils avisés de celles et ceux qui se sont lancés dans l’aventure de l’entreprenariat !

Sandrine Lavigne : donner vie à une idée novatrice.

À l’occasion de la journée internationale des droits de la femme et à la suite de notre dossier sur les Mampreneurs, nous avons interviewé trois chefs d’entreprise, femmes et mamans. Trois entrepreneurs qui ont fait le pari de se lancer à leur compte.

Cette semaine c'est Sandrine Lavigne directrice de Planicook, qui nous raconte son quotidien et ce qui l'a poussé à créer son entreprise…  

Planicook est un système de planification de repas avec listes de courses, budget, recettes modifiables à volonté. Cinq types de menus : express, bien-être, diététique et menus d’ailleurs, peuvent être structurés selon ses envies. On évite ainsi la sempiternelle question : « qu’est-ce qu’on va faire ce soir à manger ? ». Une belle invention pour simplifier la vie des mamans mais aussi éviter le fléau de notre siècle : le gaspillage.

 

Est-ce que vous aviez conscience d’appartenir aux « Mampreneurs » et comment vous vous définissez par rapport à ce terme ?

C’est un terme qui est arrivé à peu près un an et demi après la création de mon entreprise. Ma fille est née au mois de mai 2006 et l’idée de mon projet est arrivée en juillet 2006. Ma société a été immatriculée en 2007 et les Mampreneurs sont arrivées en 2008. Je n’ai pas pu prétendre à ce genre de groupes mais ce terme me correspond totalement.

Pour ma part, je me suis juste dit que j’avais un élan de créativité et que cette fois je voulais aller jusqu’au bout de cette idée ce que je n’avais jamais fait auparavant, bercée par la douceur du salariat.

 

Aviez-vous un emploi avant ? Etait-il compatible avec le fait d'être maman ? 

J’étais chargée d’affaires pour un groupe de certification de management d’entreprises, j’allais partout en France ce qui ne collait plus du tout avec ma maternité.

Mon idée était tellement omniprésente que j’ai décidé de me laisser trois mois et puis de franchir le cap. J’ai contacté la chambre de commerce pour voir ce qu’ils en pensaient et si le projet était viable. Mais ce n’est pas facile de quitter le salariat pour se lancer dans l’inconnu et encore plus sur un marché totalement novateur à l’époque.

 

Est-ce que le fait d'avoir un enfant a été le facteur déclencheur de la création de votre entreprise ? 

Oui. Mon projet est aussi totalement lié à aux nouvelles problématiques qui se sont posées en terme d’organisation. Que fait-on à manger ? La question devenait de plus en plus problématique ! J’ai voulu trouver une solution qui pouvait éviter énormément de frais commerciaux et peu à peu le projet s’est affiné. Suite à l’étude de  marché, je suis partie sur le projet du site internet.

Et puis, cette idée est arrivée au bon moment. Je voyais bien que je ne pouvais pas partir une semaine par mois et faire mes déplacements sur Paris. Mon mari aussi était en déplacement et c’était très compliqué. C’est ce besoin de flexibilité qui a fait que je suis allée jusqu’au bout de la création d’entreprise.

 

Justement, les mêmes questions se sont-elles posées pour votre conjoint ? 

Mon mari était chef d’entreprise depuis 2003, son affaire marchait et il avait aussi des employés. Il n’était pas question qu’il arrête tout pour être père au foyer, comme il n’était pas question que je sois mère au foyer. Comme, lorsqu’on crée son entreprise on a des petits moyens pour débuter, on reste généralement à la maison et on est plus disponible pour récupérer les enfants à la sortie de l’école, etc. …

 

Quelles étaient vos attentes en créant votre entreprise ?

C’est assez paradoxal finalement d’être Mampreneur : on a envie de cet enfant mais on s’en crée un autre en montant son entreprise !  Ce n’est pas une échappatoire mais c’est quelque part, une façon de se réapproprier notre vie.  On est complétement pris par notre enfant ainsi que tout ce qui est lié à la maison et d’un autre côté on s’échappe totalement avec cette entreprise.

 

Travaillez-vous depuis chez vous ?

Je travaille à domicile.  C’est un choix d’optimisation de frais.

 

Comment vous organisez-vous ?

Je ne me disais pas que travailler à la maison allait être plus facile. Car j’avais déjà expérimenté le travail à la maison avec le « télé travail » et je savais que ça n’était pas évident. En étant à la maison avec un enfant c’est encore moins facile. Il faut savoir faire la part des choses. Avoir un bureau rend les choses plus faciles !

Dès que les enfants vont à l’école, c’est tout-à-fait faisable. Il y a aussi une qualité de vie pour l’enfant. On est là pour le récupérer à la fin des cours, on prépare le goûter, on peut faire les devoirs… Le problème c’est le mercredi !

Dans l’organisation par rapport au travail, il faut se mettre des plages horaires de travail obligatoires. Quand on est à la maison on peut facilement se laisser prendre par tout ce qu’il y à faire autour de soi : ménage, machines à laver, etc. …  Il faut vraiment avoir une rigueur. Ne pas regarder ses mails toutes les dix minutes et se faire des listes avec des objectifs pour la journée.

 

Ce qui détruit bien des stéréotypes sur le travail à la maison : maman qui donne le biberon à bébé tout en travaillant devant son ordinateur ! 

Oui, la réalité n’est pas comme ça ou alors on travaille jusqu’à minuit quand tout le monde dort et on s’expose à d’autres contraintes. Il faut arriver à tout ménager. Quelque part être maman c’est déjà être entrepreneur !  Les mamans chefs d’entreprise ont toujours existé. Là on pose un nom, on le « markete » avec la création d’un groupe. Mais ces femmes ont toujours existé avec un rythme de vie particulier !

 

Est-ce que l’on peut être sur tous les fronts ?

Le fait est que lorsqu’on est dans la création d’entreprise c’est comme avoir un second enfant : il faut tout donner ! Faire attention à ce que l’on fait. Il faut en effet être sur tous les fronts : être comptable, être marketeuse, être manager…

 

Pour réaliser ce projet, vous a t-on fait directement confiance ? (Banques, etc. …)

Je suis allée à la Chambre de commerce qui m’a présenté les différents dispositifs, Oséo (NDLR : OSEO, devenu Bpifrance le 12 juillet 2013 était un établissement avec pour mission de soutenir l'innovation et la croissance des PME.) qui m’a fait monté un dossier pour avoir des financements. La presse m’a repérée via des concours, j’ai eu des fonds grâce à ces concours, un prêt d’honneur via une distinction. Tout cela c’est bien enclenché car le service proposé se prêtait bien à la tendance : émissions culinaires notamment.

 

Est-ce que votre activité vous permet de générer un salaire ?

Non pas du tout. Il ne faut pas s’attendre à se payer directement. Rare sont les élus très honnêtement. Et je dis ça sans vouloir décourager les envies car c’est une super aventure de lancer son entreprise.

 

Vos espérances sont-elles comblées ? Y avez-vous effectivement gagné en liberté ?

J’aime ce que je fais mais pas forcément la façon dont je le fais.  Si on réussit c’est grâce à nous et si on rate c’est aussi à cause de nous. Il faut se remettre en question et quand on se remet en question ça veut dire que l’on n’est pas forcément épanouie. C’est compliqué !

On est chef d’entreprise, c’est à nous de donner l’impulsion. Je ne pense pas qu’on puisse dire que l’on soit épanoui. On est épanoui dans la mesure où le salaire est digne de ce nom où on peut payer ses charges sans pleurer à chaque fois que l’on fait des chèques.  L’entreprise est là pour être créatrice de valeurs autant des valeurs liées à l’argent qu’au travail. Si on a pas tout ça, il vaut mieux arrêter.

 

Si vous aviez des conseils à donner aux mamans qui aimeraient se lancer ?

Aller à la simplicité.

Il ne faut pas se dire que l’on a une idée géniale et que demain on va avoir trois milliards ! On a une idée géniale : il faut la peaufiner, il faut l’élever, la partager et surtout pouvoir en vivre…

Pour ce qui est de l’organisation travail/enfant, à mon avis on ne peut dire que l’on élève correctement ses enfants lorsqu’on travaille en même temps à la maison. On crie sur son enfant ! C’est horrible, on culpabilise et on s’en veut. Il vaut mieux faire les choses une par une. On ne peut pas faire du micro travail : un peu avec son enfant et un peu à son travail. Ce n’est pas possible, on s’épuise à la fin de la journée.

Il faut quand l’âge de l’enfant le permet, trouver un mode de garde. Même si on travaille à la maison vient un moment où il faut sortir parce qu’il faut faire du réseau, il faut être connu.

 

En savoir plus :

Retrouvez Planiccok sur le lien suivant : www.planicook.com

 

 

 

Ecrit par mathilde le vendredi 01 Mai 2015

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