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Un spécialiste Rugby à l'honneur. Pierre Berbizier revient sur sa carrière

Pierre Berbizier, interviewé par l'équipe RBMG, nous parle de sa reconversion et nous donne sa vision du rugby actuel.

Y : Quelle formation professionnelle avez-vous suivi ?

Je suis professeur de gymnastique. J'ai été formé au CREPS de Toulouse. Mais, par la suite, j'ai été CTR de rugby et je travaillais pour la fédération. Puis, j'ai travaillé pour des multinationales Unilever et Havas. Après cette expérience, je suis revenu au rugby et j'ai entraîné l'équipe d'Italie, puis celle du Racing. Actuellement, je suis consultant Canal + et je suis également conférencier manager.

Y : Vous n'avez pas connu le professionnalisme. Comment vous organisiez-vous ?

Nous avions deux fois plus de contraintes : celles du sportif et celles de notre profession. Finalement, notre récupération en souffrait. J'avais mon sac de sport dans la voiture et je m'entraînais entre "midi et deux". J'organisais mon secteur de commercial en fonction des contraintes du rugby. Les cadences de matchs étaient les mêmes que maintenant.

Y : Je pensais que les joueurs actuels jouaient plus de matchs par an ?

P : Non, c'est faux, nous jouions autant de match qu'eux, mais sans le coaching. Aujourd'hui, les joueurs de première ligne jouent entre 50 et 60 minutes par match, avant d'être remplacés. Partant de là, ...

Y : Mais pourtant, les joueurs arrêtent leurs carrières plus précocement qu'avant ?

P : Non, avant, un joueur était vieux à trente ans. Aujourd'hui, beaucoup plus de joueurs jouent encore à trente cinq ans. Ce sont des idées reçues. Mais, on communique plus sur les blessures. C'est pour cette raison, qu'on pense les joueurs plus exposés qu'avant. Par contre, les joueurs sont soumis à plus d'intensité, dans la durée des séquences de jeu et dans les impacts. Mais, ils se préparent beaucoup mieux en termes de récupération, de musculation, ...

Y : Comment étaient aménagées vos études ?

Nous n'avions pas d'aménagement au CREPS. Rien n'était adapté pour le sportif de haut niveau. Le seul aménagement, je l'ai obtenu pour mon premier poste. J'ai été nommé à Saint Gaudens, et ainsi, je pouvais continuer à jouer à Lourdes.

Y : Pensez-vous que ces contraintes étaient un frein ?

P : Non, être confronté à la réalité du quotidien, est un plus. Aujourd'hui, les jeunes reçoivent une formation spécifique. Mais, on oublie la formation générale, on enferme des gamins dans des bulles et on les coupe de l'intelligence du quotidien. Les joueurs de rugby sont sélectionnés de plus en plus jeunes. Ils reçoivent une formation spécifique mais, on oublie l'éducation. Ils sont souvent déresponsabilisés, voir désocialisés. Ils sont dans l'excès de formation. Ils tournent en rond et passent plus de temps à ne rien faire qu'à travailler. Les charges de travail en dehors du terrain sont difficiles à gérer. Aujourd'hui les jeunes coupés de la réalité du quotidien perdent une vertu première du rugby : l'accessibilité. Il faut savoir que 90 % ne restent pas au Haut Niveau. Mais, sont-ils équipés pour affronter le quotidien...

Y : Quelles sont les conséquences du professionnalisme ?

P : Le salaire moyen permet de bien vivre, mais il  reste encore, 30 ans à travailler à l'arrêt de sa carrière. Et, je ne pense pas, que ce soit suffisant pour vivre par la suite.

Y : Le rugby servait-il d'ascenseur social ?

P : Les joueurs avaient accès à une forme de promotion sociale. Suivant leurs qualifications, les joueurs trouvaient de l'aide pour intégrer un corps social. Ils se servaient des opportunités et du réseau. Aujourd'hui, les relations à l'argent ont changé et je pense que ça génère plus de problèmes que de solutions dans le temps.

Y : Vous aviez des primes ?

P : Nous avions des avantages et des primes dérisoires. Quand j'ai été entraîneur de l'équipe de France, je me suis mis en disponibilité, pour préparer la coupe du monde, lors de la dernière année (saison 1994 1995).

Y : Vous avez connu le professionnalisme comme entraîneur ?

P : Oui, le rugby est passé professionnel, après la coupe du monde de 95.

Y : Pensez-vous que ces jeunes suivent des formations par défaut plus que par vocation ?

P : Pour la plupart oui. Ils n'ont pas de vrais projets derrière. Mais, le plus  dangereux, ce sont les parents qui cautionnent cela. Souvent, ce sont les plus durs, ils ne cherchent pas d'alternative notamment, pour ménager une porte de secours, au cas où. Ils ne le mettent pas en garde contre les effets du professionnalisme.

Y : Quelles préconisations pourriez-vous nous faire ?

P :

  • J'éviterai de couper du quotidien cette jeunesse.
  • Je garderai l'école, l'université, comme pilier de l'éducation.
  • La cellule familiale doit être préservée également.
  • Je mettrai en garde sur les recrutements trop précoces.

Y : Toute l'équipe RBMG, remercie Monsieur Pierre Berbizier, tant la clairvoyance des propos interpelle. 

Ecrit par Tom le jeudi 19 Mai 2016

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