Actualités, conseils et témoignages pour entrepreneurs

L'interview du chef d'entreprise

Retour d’expérience et conseils avisés de celles et ceux qui se sont lancés dans l’aventure de l’entreprenariat !

La double vie d'Alexandre Woog.

Alexandre woog est un chef d’entreprise de 32 ans. En 2009, il  a eu l’idée de fonder e-loue, plateforme internet qui propose aux particuliers et aux professionnels de mettre en location tous types d’objets. Mais le C-V de cet entrepreneur serait bien incomplet si la « partie » Alexandre Woog sportif de haut niveau n’y figurait pas. C’est en escrime cette fois, et plus précisément dans la discipline du sabre, qu’Alexandre Woog se distingue. Il est un des représentants de l’équipe d’Israël avec laquelle il participera aux championnats du monde de Leipzig au mois de juillet. Nous lui avons donc posé quelques questions pour comprendre comment il mène ses deux vies de front, si elles sont compatibles et en quoi, ce dont nous ne doutons pas tant tout semble lui réussir ! Alexandre Woog côté sport c’est 5 médailles d’or en individuel pour l’équipe d’Israël, dont  la dernière en 2015. Côté pro,          E-loue représente plus de 250 000 membres actifs, 2,5 M d'inscrits et 1 000 loueurs professionnels référencés.

 

Votre carrière de sportif est-elle venue avant votre carrière d’entrepreneur ?

Je fais de l’escrime qui est un sport amateur mais avec des conditions d’entraînement professionnel. En France, dès qu’on sort du top 3 du sport : « foot, basket, rugby », il est plus compliqué de vivre de son sport. Je suis issu d’une famille qui m’a toujours poussé à faire des études mais  l’escrime a  toujours été une passion et j’ai toujours mené les deux de front. Quand je suis entré au Lycée Louis-le-Grand, je m’entraînais le soir pendant que les autres faisaient leurs devoirs. Je suis ensuite allé en prépa, ce qui montre l’importance que j’accordais à mes études. C’est la seule période de ma vie où j’ai fait un peu moins d’escrime. Lorsque j’ai intégré mon école, j’ai repris l’escrime à fond et je suis rentré à l’INSEP à mes 19 ans. J’ai bénéficié d’emménagements d’horaires. Je m’entraînais tous les jours en milieu d’après-midi. Après mes études, j’ai trouvé une entreprise qui m’a fait un Contrat d’Insertion Professionnelle. J’ai ainsi pu travailler 50% du temps en étant payé 100%, je bénéficiais tout de même de bonne conditions pour m’entraîner.

Malgré tout, j’avais cette envie depuis toujours d’être entrepreneur. J’ai donc décidé d’entreprendre et de monter E-loue. Je suis reparti à zéro avec une prise de risques : un rythme d’entraînement professionnel et mon entreprise qui ne me permettait pas encore de gagner ma vie. C’est à ce moment-là, alors que j’étais bien classé,  (n°1 français en national), que j’ai décidé de prendre ma double nationalité israélienne pour avoir un rythme d’entraînement moins important tout en participant aux grandes compétitions. J’ai repris le sport à un rythme normal, 2 heures tous les soirs. C’est ce choix qui m’a permis de concilier l’entreprenariat et ma carrière de sportif.  

Aujourd’hui, que représentent vos deux carrières en termes de temps et d’implication ?

Aujourd’hui une journée type c’est un entraînement par jour de 2 heures et 10 heures de E-loue.

Dans diverses interviews qui vous sont consacrées,  les mêmes qualificatifs reviennent souvent : « compétiteur », « perfectionniste », « ambitieux ».  Qu’emmène le sportif au chef d’entreprise et vice-versa ?

Il y a plein de valeurs similaires dans le sport et l’entreprenariat comme la gestion du stress, la compétition, l’effort, la rigueur mais il y en  a une qui est très frappante.

Dans l’entreprenariat tout comme dans le sport de haut niveau, c’est les montagnes russes ! Une journée d’entrepreneur c’est : une très bonne nouvelle, une mauvaise nouvelle, une bonne, une mauvaise, etc… Au départ quand on se lance sans aucune expérience, on s’enflamme d’une très bonne nouvelle puis la minute d’après on apprend une mauvaise nouvelle et nous voilà le moral dans les chaussettes ! On apprend à relativiser. C’est la même chose, dans le sport de haut niveau. On travaille énormément, on a de supers résultats, on acquiert une confiance qui a mis 6 ou 8 mois à venir  et puis, sur un match qui dure 10 minutes, on perd ses moyens pendant 1 minute ou 30 secondes et on perd. On perd contre quelqu’un qui n’est pas forcément plus fort et toute la confiance replonge. Il faut du recul pour gérer tout ce qui se trouve autour. Quelque-soit le niveau de l’entrepreneur ou du sportif, il est primordial de savoir supporter les changements.

Peut-on dire que l’escrime est un sport de stratégie ? Dans le monde de l’entreprenariat que vous évoque cette notion ?  

Dans l’escrime, il faut faire avec un adversaire. Il ne suffit pas d’être bon, il faut être le meilleur. Dans le monde de l’entreprise c’est la même chose... Il faut s’adapter aux concurrents et être alerte sur l’écosystème. Dans l’escrime il faut anticiper sur ce que va faire l’adversaire. Dans le business, il faut anticiper sur ce que vont faire les concurrents mais aussi les clients. Il est donc important de se renouveler au niveau du marché et d’anticiper les nouvelles tendances.

Justement, en parlant de stratégie, j’ai pu voir que vous aviez participé au jeu de téléréalité : The apprentice, qui décrochera le job ?  Quel était l’objectif d’une telle participation ? Etre visible, se faire une image, est-ce important dans votre cas ?

Dans un premier temps j’ai fait cette émission parce-que, même si c’est de la téléréalité, elle est avant tout liée au business. Et oui la visibilité est très importante car je porte un projet qui dit que tout le monde à une chose à louer…. La visibilité de ce projet-là est donc primordiale et la visibilité de e-loue passe aussi par son CEO, c’est aussi dans ma fonction d’avoir de la visibilité. Dans un second temps, le jeu en lui-même m’intéressait. Il y a beaucoup de cas pratiques, donc c’est très enrichissant. Ce jeu c’est aussi une compétition, un domaine que j’aime beaucoup dans le sport mais qui était là un vrai challenge. Être chef d’entreprise, cela ne veut pas dire pour autant être exceptionnel. Sur cette émission télé, on est face à une caméra qui voit comment on réfléchit, on n’a aucun masque pour se protéger. Il y a plus à perdre qu’à gagner mais au final c’était un vrai challenge pour moi-même. J’ai fini deuxième et j’ai eu des retours très positifs par rapport à mes performances. Je me suis prouvé et j’ai prouvé que j’étais bon dans ce que je faisais : dans le business.

Parlons, un peu plus du monde de l’entreprenariat. E-loue est avant tout un concept « tout peut se louer », vous seriez-vous lancé si vous n’aviez pas trouvé un concept fort ?

Quand je me suis lancé en 2009, j’étais très jeune et je n’avais pas d’expérience dans l’entreprenariat. Je croyais que pour se lancer il fallait une idée absolument géniale, comme ce que pensent aujourd’hui 99% des gens. Maintenant que j’ai racheté certaines boîtes, ou d’autres que j’ai pu accompagner,  ma vision est beaucoup plus mûre. L’idée est importante mais elle ne suffit pas. On n’est pas obligé de partir d’une idée exceptionnelle, ça peut être l’exécution qui est exceptionnelle ou le marketing autour.

Nous avions quant à nous l’idée mais peu de moyens. Il a fallu se faire connaître, faire des levées de fond pour développer l’entreprise, trouver un modèle économique, évoluer dans ce modèle économique qui n’était pas suffisamment rentable. Nous avons ainsi fait entrer les loueurs professionnels qui sont aujourd’hui mis en avant… Il faut vraiment être à l’écoute du marché.

Un jour votre carrière de sportif s’arrêtera. Y pensez-vous ? Cet arrêt aura t-il un impact sur votre vie professionnelle ?

J’ai trente-deux ans aujourd’hui, il me reste encore environ trois ans. Je ne sais pas comment je vais évoluer physiquement mais je sais que je dois faire beaucoup de sport. Mon appréhension réside dans le fait de stopper le haut niveau. On ne retrouve pas cette adrénaline dans le milieu de l’entreprise et peu dans le business. Il y a ce truc dans le sport que l’on ne vit pas ailleurs : de la joie mais aussi du stress que l’on ne retrouve pas dans la vie de tous les jours sur des enjeux qui sont pourtant parfois plus importants !

Vos modèles dans le monde de l’entreprenariat ou du sport ?

Dans le monde de l’entreprenariat, Elon Musk qui a fondé Paypal notamment. Il  a réussi à très grande échelle et sur des marchés très difficiles, ce qui rajoute à son talent.

Dans le domaine sportif, je citerais Jean-François Lamour pour sa carrière extraordinaire dans le domaine sportif en sabre et pour sa reconversion extraordinaire, il a été Ministre des sports et aujourd’hui il est Conseiller du XV° arrondissement de Paris.

 

 

 

Quelques dates côté business :

  • Mai 1984 :  Naissance à Paris.
  • 2005 : Rejoint l'équipe de France d'escrime.
  • Juin 2006 : Diplômé de Telecom SudParis et d'une licence de mathématiques à Jussieu.
  • Septembre 2006 : Intègre un mastère finance à HEC et devient opérateur de marché au Crédit coopératif.
  • Janvier 2009 : Cofonde e-Loue
  • Juin 2010 : Lève 500000 euros.
  • Avril 2014 : Lève 2 millions d'euros.
  • 2017 : Le groupe compte 20 univers spécialisés, 150 à 200 salariés, et est présent dans 15 pays

 Quelques dates côté sport :

  • Championnats de France d'escrime
  • 3 médailles d'argent par équipe dont la dernière en 2015
  • 3 médailles de bronze par équipe
  • 1 médaille de bronze individuel en 2009
  • Championnats d'Israël d'escrime
  • 5 médailles d'or individuel dont la dernière en 2015
  • 3 médailles d'or par équipe
  • Coupes du Monde d'escrime
  • Coupes du monde Satellite : 3e à Gand en 2010, 1er à Newcastle en 2011, 3e à Helsinky en 2013, 3e à Copenhague en 2014
  • Coupes du monde A : Finaliste à Tunis
  • Maccabiades
  • 1 médaille d'or individuel aux Maccabiades en Israël en 2013
  • 1 médaille d'argent par équipe aux Maccabiades en Israël en 2013

 

 

Ecrit par mathilde le jeudi 23 Mar 2017

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